le fonctionnement au niveau nerveux

     Le message nerveux nociceptif est conduit jusqu'à la moelle épinière où il va être intégré. Ce message nerveux va exciter le neurone qui va transmettre ce message aux neurones situés dans le cerveau à l'aide des fibres nerveuses nociceptives précédemment décrites. Dans cette partie nous allons nous intéresser au fonctionnement des canaux ioniques décrits précédemment et nous demander comment ces derniers parviennent à conduire le message de la capsaïcine.

    Lorsque la capsaïcine entre en contact avec les cellules sensitives des épithéliums  la molécule est susceptible de générer un potentiel d'action au niveau des fibres nerveuses du groupe C. Nous cherchons à savoir comment une molécule à elle seule peut faire apparaître un message nerveux. Elle aura besoin d'un intermédiaire qui transformera une information codée chimiquement en information électrique : elle sera donc en contact avec une synapse (zone de contact entre deux neurones ou entre un neurone et une autre cellule comme un récepteur sensoriel) qui va permettre l'activation d'un récepteur spécifique que nous allons étudier.

 

un mode d'action au niveau nerveux grâce aux canaux ioniques

 

    La capsaïcine fait partie de la famille des vanilloïdes, famille de composés irritants d'origine végétale qui sont des dérivés de l'acide vanillique. Les membres de cette famille stimulent le même récepteur . Ce récepteur est le récepteur TRPV1 qui appartient à la famille des canaux ioniques TRP qui se compose de sept sous familles:
         - les TRPC1-7 ( canonique)
         - les TRPV1-6 ( vanilloïde)
         - les TRPM1-8 (mélastatine)
         - les TRPP1-3 (polycystine)
         - les TRPML (mucolipine)
         - les TRPN (nompC) qui n'existent pas chez les mammifères

    Les canaux TRP représentent une grande famille qui comprend plus de 50 canaux perméables aux cations exprimés de la levure à l'homme. Ces canaux sont présents dans une grande variété de types cellulaires et se situent chez l'homme dans la peau, la bouche,les muscles et les reins. Leur rôle est essentiel pour que l'organisme intègre les informations issues du monde extérieur et permet au niveau cellulaire de détecter les caractéristiques de l'environnement.

    Les TRPV1 qui agissent au contact de la vanilloïde sont des capteurs susceptibles de détecter des variations de température au même titre que les TRPM1-8 et les TRPA. Ces sensations de chaud et de froid sont souvent perçues comme désagréables c'est pour cela qu'on les nomme nocicepteurs.

 

    Les TRPV1 sont localisés au niveau de l'extrémité périphérique des neurones sensitifs de petit diamètre. Ce sont des récepteurs sensoriels exprimés au niveau de l'enveloppe cutanée, des muqueuses et dans certaines régions du système nerveux central.

    Ils sont activés par une chaleur nociceptive supérieure à 44 degrés Celsius ce qui en fait un élément important dans la détection de la douleur, mais aussi par certaines molécules chimiques telle que la vanilloïde et donc la capsaïcine. Les TRPV1 peuvent aussi s'activer en présence d'une forte concentration en protons(H+).

    Lorsque le TRPV1 est soumis à un de ces stimuli et donc à la capsaïcine , le récepteur est activé ce qui provoque une ouverture du canal cation. Les ions Ca ++ et Na+ entrent massivement dans le cytoplasme de la fibre nerveuse . C'est cette entrée de cations dans la terminaison nerveuse ( du coté des cellules sensitives) qui crée une dépolarisation suffisamment efficace pour qu'il y est naissance d'un potentiel d'action et donc d'un message nerveux nociceptif.

    Le potentiel d'action est divisé en trois phases:
         - la dépolarisation: la membrane devient de plus en plus chargée en cations. Sa tension passe de -70 mV à 0mV et peut atteindre 40mV au maximum
         - la repolarisation: les cations ressortent de la membrane, la valeur de la tension revient à la valeur initiale c'est à dire à -70 mV
         - l'hyperpolarisation: les cations sortent en massent de la membrane ce qui la rend encore plus chargée négativement
    Ce mecanisme dure environ 3 ms.

    La naissance de ce potentiel d'action permet la création d'un message nerveux nociceptif

 

 

    De plus le TRPV1 est susceptible d'être produit en grandes quantités suite à une inflammation des épithéliums par des molécules irritantes comme la capsaïcine. En effet , la capsaïcine peut détruire certaines cellules du corps. Lorsqu'elle attaque ces mêmes cellules,celles ci produisent en réponse de NGF qui se fixe sur un récepteur nommé trkA qui est présent à la surface de l'extrémité périphérique de la fibre sensorielle. Il sera ensuite transporté jusqu'au ganglion de la racine dorsale du neurone. La présence du NGF va entrainer la phosphorylation (addition d'un groupe phosphate à une protéine) de la protéine p38 qui ainsi activée va augmenter la traduction du gène codant pour les récepteurs TRPV1. Le récepteur sera ensuite transporté du ganglion vers la périphérie de la fibre sensitive pour aller se fixer à la surface de la membrane cytoplasmique où il sera surexprimé.

    Ainsi le nombre de TRPV1 est considérablement augmenté ce qui entraine une augmentation de la sensibilité à la chaleur. Le seuil d'activation des TRPV1 étant plus bas ( il peut descendre à 34 degrés) un stimulus thermique non nociceptif peut être perçu comme douloureux, on parle alors d'allodynie.

 

 

La réaction du cerveau face aux messages nerveux nociceptifs

    Le message nerveux nociceptif est conduit jusqu'à la moelle épinière où il va être intégré. Ce message nerveux va exciter le neurone qui va transmettre ce message aux neurones situés dans le cerveau à l'aide des fibres nerveuses nociceptives précédemment décrites.

    Le message nerveux nociceptif est conduit jusqu'à la moelle épinière où il va être intégré. Ce message nerveux va exciter le neurone qui va transmettre ce message aux neurones situés dans le cerveau à l'aide des fibres nerveuses nociceptives précédemment décrites.

    Le message nerveux est conduit par le nerf trijumeau qui se divise en trois branches sensitives:
         - le nerf mandibulaire
         - le nerf ophtalmique
         - le nerf maxillaire

    La sensation de brûlure au contact de la capsaïcine s'établit au niveau du cortex cérébral

    Il existe deux composantes dans la douleur au niveau cérébral:
         - une composante sensorielle qui apporte des informations sur l'intensité,l'emplacement dans le corps et la nature de la stimulation nociceptive (thermique ,mécanique ou chimique)
         - une composante psychologique qui nous fait percevoir la douleur d'une manière désagréable en nous apportant des émotions d'angoisse,de malaise ou de douleur.

    Ces deux composantes passent par les nerfs périphériques ( C et Adelta) qui vont en direction du Thalamus ( partie du cerveau).

    Lorsque le message nerveux arrive au thalamus, la fibre nerveuse se divise en 3 partie qui conduisent le message nerveux vers une certaine partie du cerveau.

    Tout d'abord le message nerveux est conduit  vers le lobe frontal où le message sensitif est interprété comme de la douleur. Dès que le message nerveux atteint le lobe frontal on sait que l'on a mal.
     Puis il atteint le lobe pariétal qui permet de localiser la douleur.
     Enfin, le message nerveux atteint le système mésolimbique où il est assimilé à des émotions désagréables comme la souffrance ou la brulure.

 

 La sensation de brulure désagréable ressentie lorsqu'on ingère un piment est donc le résultat du périple du message nerveux à travers trois parties différentes du cerveau.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site